Spontanément que vous évoque la tubéreuse ? Un parfum capiteux ? de transgression ? de séduction ? de volupté ? de voyage ? de nature ? La tubéreuse c’est un peu tout cela à la fois et elle s’interprète de multiples manières par les parfumeurs selon les époques. Une chose est sûre, qu’on l’adore ou qu’on la déteste, elle ne laisse personne indifférent !

Mais d’où vient cette fleur ? Elle nous provient du Mexique et se produit très largement en Inde où elle est très présente dans la culture. On la retrouve en effet sur le seuil de la maison et des chambres nuptiales indiennes. Le climat doux et clément de la Côte d’Azur a permis son introduction et sa culture à Grasse au XVIIème siècle. Après être tombé dans l’oubli, la production grassoise est remise en lumière tout en restant extrêmement limitée et réservée pour certaines marques comme Chanel. Elle rentre dans un de ses dernières créations « Gabrielle ». La fleur se cueille le matin à partir du mois d’aout jusqu’au mois de novembre. Les fleurs sont extraites au solvant volatil. Il ne faut pas moins de 1200 kg de fleurs pour produire 200g d’absolue ! Cela le rend rare et donc coûteux. L’opulence de cette fleur en apparence fragile et délicate est telle que l’on interdisait aux jeunes filles, à l’époque de la Renaissance italienne, de se promener dans les jardins de tubéreuse au risque de se faire poursuivre par des hommes enivrés par leur odeur charnelle.

Les parfumeurs interprètent cette fleur de différentes manières, cela marque généralement une époque. Le premier grand succès est le soliflore Fracas de Piguet en 1948. De nombreuses stars raffolent de ce parfum dont Madonna. Dans les années 80, la femme qui souhaite s’imposer, se pare de parfums aux effluves capiteuses de tubéreuse comme Poison de Dior (1985) ou encore Giorgio Beverly Hills (1981). Pour la petite anecdote le parfum Poison au succès retentissant attire quelques détracteurs qui ne supportent plus cette odeur entêtante. On trouve alors à l’entrée de certains restaurant Newyorkais une pancarte avec l’inscription « No smoking. No Poison » !

Cette fleur blanche devient moins tendance dans les années 90 qui suit un courant d’éveil individuel avec des parfums plus frais, aquatique et transparent. La tubéreuse est enfin remise en lumière grâce à la parfumerie de niche dans les années 2000 où elle connaitra un essor remarquable avec des créations telles que Do Son de Diptyque (2005), Beyond Love de By Kilian (2007)… Les dernières créations autour de la tubéreuse se font plus naturelles et plus fraîches. Elles répondent à l’envie des consommateurs de plus de naturalité tout en étant unique. Un des derniers grands lancements avec de la tubéreuse fut Twilly d’Hermès en 2017 qui choisit de l’associer à un accord gingembre et santal pour une nouvelle expression de cette fleur.

Le parfum de tubéreuse apporte une signature olfactive puissante et marquante.

Emosens a décidé d’interpréter cette fleur en vous proposant sa nouveauté TUBEREUSE PIVOINE. Ce parfum marque immédiatement une ambiance luxueuse et raffinée. L’opulente tubéreuse est apaisée par de délicates notes de pétales de pivoine. La note verte de galbanum sublime la tubéreuse et apportent de la naturalité. Le jasmin et la fleur d’oranger complètent ce bouquet de fleurs blanches intense. Enfin la sensualité de la tubéreuse est exacerbée par l’ylang ylang et un accord d’ambre solaire.

Anaïs Ginestet, fragrance designer

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